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LA CROISSANCE


La croissance est un processus compliqué qui est influencé non seulement par des facteurs hormonaux mais également par des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux (hormones de croissance, hormones thyroïdiennes, l’insuline, l’androgène).

B.    Généralités :


1.    Les périodes de croissance :
Chez l’être humain, il y a deux périodes de croissances rapides :
-    au cours des deux premières années de la vie, c’est la continuation de la croissance fœtale rapide,
-    au cours de l’adolescence : c’est la puberté.

Cette deuxième poussée et son arrêt sont dus essentiellement auxfacteurs hormonaux.

2.    Les éléments de la croissance :
La croissance corporelle implique trois éléments :
a)    La croissance pondérale :
La surveillance de la croissance pondérale est importante pendant les deux premières années de la vie. Un enfant doit doubler son poids de naissance à six mois, le tripler à un an et le quadrupler à trois ans. Le poids moyen de naissance est de 3 à 3,5 Kg. Nous suivons l’évolution sur des courbes de poids.
b)    La croissance staturale :
La vitesse de croissance est représentée par le nombre de centimètres pris dans un laps de temps donné.
Un nouveau né mesure à peu près en moyenne cinquante centimètres. A un an, il mesure 75 centimètres. A deux ans, il mesure 85 centimètres ; à trois ans, il mesure 93 centimètres. Nous avons une stabilisation de la taille avec ensuite un pic pubertaire qui est plus tardif chez les garçons que chez les filles. Il y a un arrêt de la croissance ensuite. Les facteurs propodinaques de la taille sont l’âge, osseux (sur radiographie du poignet), l’âge réel de l’enfant, la taille des parents.
c)    La croissance osseuse :
L’allongement des os longs est la composante la plus caractéristique de la croissance. L’os est un tissu vivant constitué d’une matrice protéique sur laquelle se déposent les sels de calcium. Les cellules responsables de l’édification de cette matrice sont les ostéoblastes.

La croissance des os longs dépend de la prolifération des couches de cartilage situées près des extrémités des os. La totalité de l’épiphyse est recouverte par le cartilage de croissance que nous séparons en deux types :
-    le cartilage épiphysaire,
-    le cartilage de conjugaison qui se situe entre l’épiphyse et la métaphyse,

Chaque cartilage comprend trois zones :
-    de croissance qui comporte des cellules de réserves, ces cellules se multiplient, ce sont les ostéoblastes,
-    de maturation où ces cellules deviennent hyper-trophiques,
-    d’ossification où l’os commence à apparaître, ces cellules vont noircir et l’os va commencer à apparaître. Au bord des plaques épiphysaires le tissus cartillagineux est remplacé par de l’os.


C.    Les facteurs non-hormonaux de la croissance :

1.    Les facteurs génétiques :
Nous n’en connaissons pas les mécanismes d’actions, on se base sur des observations.
-    Le facteur racial : les nordiques sont plus grands que les latins.
-    Le facteur familial : c’est la transmission directe de la taille des parents à un enfant.

La relation entre une anomalie chromosomique et le retard statural : C’est le cas dans les trisomies et dans le syndrome de TURNER.

La capacité de croissance d’un individu est déterminée génétiquement, mais il n’existe pas de garantie permettant d’affirmer que la capacité maximale est atteinte. Cela dépend d’autres facteurs.

2.    Les facteurs fœtaux :
La croissance fœtale est essentiellement influencée par des facteurs vasculaires d’origine placentaire. Toute altération de cette vascularisation entraînera une perturbation de la croissance. C’est le cas de l’hypertension artérielle de la femme enceinte, de l’eclampsie (hypertension artérielle avec néphropathies). C’est aussi le cas chez les fumeurs et les alcooliques. La malnutrition maternelle peut également entrainer un retard de croissance.

3.    Le facteur alimentaire :
L’apport alimentaire est le facteur extérieur le plus important dans la croissance. Le régime doit être adapté non seulement dans l’apport protidique mais aussi pour des vitamines, les minéraux et les calories. Les apports de protéines et de calories doivent être appropié, car si l’apport calorique est trop faible, les protéines seront seulement catabolisées et ne serviront plus à la croissance pour fournir de l’énergie.
Si la maladie est temporaire, dès la guérison, il y a accélération de la vitesse de la croissance qui permet de ratrapper le retard.
On ne peut pas stimuler  la croissance au delà d’un potentiel génétiquement déterminé.

4.    Les agressions et les maladies :
Elles ralentissent la croissance parce qu’elles majorent le catabolisme protéique. Si la maladie est temporaire, dès la guérison, l’enfant présente une accélération de sa vitesse de croissance et rattrape son retard. Nous ne pouvons pas stimuler la croissance au-delà d’un potentiel génétiquement déterminé.


D.    Les facteurs hormonaux de la croissance :

Ils sont nombreux.

1.    L’hormone de croissance :
a)    STH ou hormone somatotrophe :
Elle joue un rôle essentielle dans la croissance normale, elle est stimulée par l’hypophyse sous le contrôle de l’hypothalamus. Sa sécrétion a la particularité de se produire par poussées et de présenter un rythme circadien.

Au cours de la journée et en dehors de tout stress, il y a peu de sécrétion de cette hormone.
Au cours de la nuit, une à deux heures après le début du sommeil, nous observons plusieurs poussées importantes et prolongées de sécrétions d’hormones.

L’hormone de croissance atteint alors une concentration suffisante pour agir sur la croissance. Des poussées peuvent occasionnellement être déclenchées par certains stimulis (comme le stress, parfois l’exercice musculaire, l’hypoglycémie).

2.    Les actions de l’hormone de croissance :
a)    Rôle en dehors de la croissance :
Elle augmente le glucose plasmatique, d’où un effet diabétogène.
Elle facilite la mobilisation des lipides à partir du tissu adipeux, avec augmentation des acides gras libres.
b)    Rôle sur la croissance :
Il y a deux modes d’actions directs et indirects :
(1)    L’action directe :
L’action directe ur les tissus cibles (les os, les organes, les muscles) : repose sur deux mécanismes :
-    la stimulation de la synthèse des protéines dans de nombreux tissus par une augmentation du transport membranaire des acides aminés, augmentation de l’activité des ribosomes, augmentation de la synthèse d’ARN.
-    L’augmentation de l’activité de division mitotype cellulaire, et l’activité cellulaire.

(2)    L’action indirecte :
L’hormone de croissance stimule la libération par le foie et les reins de facteurs appelés somatomédines. Elles stimulent la croissance des os et des cartilages, (chez les pygmées, nous avons un déficit génétique en somatomédine).

3.    Les hormones thyroïdiennes :
Des quantités normales d’hormones thyroïdiennes sont nécessaires pour favoriser les effets de l’hormone de croissance. Elles interviennent également dans le développement du système nerveux central, dans la croissance des dents, dans l’aspect du visage et dans le développement du corps.

4.    Les hormones sexuelles :
La sécrétion des hormones sexuelles apparaît dès l’âge de 8 à 10 ans et augmente progressivement pour atteindre un plateau au bout de cinq à dix ans.
a)    La sécrétion d’androgènes :
Elle augmente fortement à l’adolescence (testostérone pour le garçon, androgènes de la corticosurrénale pour la fille et le garçon). La poussée de croissance de l’adolescence chez les deux sexes est due en grande partie aux effets anaboliques des androgènes. Ils stimulent la synthèse des protéines dans de nombreux organes et pas seulement les organes sexuels. Les androgènes stimulent la croissance osseuse et l’arrêtent aussi en produisant la conversion complète aux cartillages de conjugaison des os.
b)    Le cartilage de conjugaison des os :
Les œstrogènes stimulent la croissance des organes sexuels féminins et des caractères sexuels secondaires au cours de l’adolescence. Là aussi, leur effet inhibe la croissance générale en provoquant la conversion complète des cartilages de conjugaison.

5.    L’insuline :
C’est une hormone anabolique, par son action stimule la synthèse des protéines.

6.    Le cortisol :
Il est sécrété par la corticosurrénale, il exerce un effet puissant contre la croissance. Il bloque la sécrétion d’hormones de croissance, il stimule le catabolisme des protéines et il inhibe la croissance des cartilages.


E.    Les pathologies de la croissance :

1.    Les excès de croissance :
L’hypersécrétion d’hormones de croissance est souvent due à une tumeur anté-hypophysaire.
Chez l’enfant, en l’absence de soudure des cartilages de conjugaison, nous observons un gigantisme.
Chez l’adulte, cette hypersécrétion est responsable d’une acromégalie. Elle se caractérise par l’augmentation de volume des mains, des pieds, des os du crâne et de la face avec un progmatisme de la mâchoire inférieure qui associe aussi des déformations vertébrales comme chez KASIMODO. Il s’y associe souvent un diabète.
Dans le cas des eunuques, nous avons une absence de sécrétion de testostérone. La croissance osseuse, bien que plus lente, se poursuit beaucoup  plus longtemps en raison de la persistance des cartilages de conjugaison. Ils peuvent avoir une très grande taille avec un morphotype féminin. 

2.    Les retards staturaux :
Nous parlons de retard statural quand nous nous situons entre –2 et –4 déviations standards. Au-delà de 4 déviations standards, nous parlons de nanisme.
a)    Les retards staturaux mal formatifs :
(1)    Les ostéopathies génotypiques :
Ce sont des maladies héréditaires ; nous y trouvons les nanismes les plus graves avec des tailles d’environ un mètre. L’achondroplasie est l’ostéopathie la plus fréquente et l’une des plus sévères avec un gros crâne, un visage aplati, des membres très courts associés à des déformations.
(2)    Les anomalies chromosomiques :
Elles s’accompagnent toutes d’un retard statural.

Les syndromes dysmorphiques :
Ils associent trois signes :
-    Retard statural
-    Retard mental
-    Syndrome dysmorphique de la face et des extrémités.

b)    Les retards staturaux endocriniens :
(1)    L’insuffisance hypophysaire :
Le mauvais fonctionnement de l’hypophyse peut avoir une origine variée. Le premier signe est un déficit en hormones de croissance qui se traduit par un retard de croissance. Le traitement consiste en l’apport d’hormones de croissance.
(2)    L’hypothyroïdie :
Nous avons déjà parlé du dépistage systématique à la naissance et le traitement consiste en l’apport permanent d’hormones thyroïdiennes.
(3)    La maladie de CUSHING :
C’est l’hypersécrétion de cortisol par une tumeur surrénalienne qui entraîne un arrêt brutal de la croissance.


Objectifs :
-    les facteurs hormonaux et non hormonaux de la croissance,

 
 
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